Editorial

Construisons l’Espace Numérique Ouvert Pour la Méditerranée

A.C. Benhamou, A. Bennani,Y. Tanguy, G. Touzot,  M. Touzot

Berceau de la civilisation occidentale, des cultures et des trois religions monothéistes, carrefour de migrations et d’échanges pour toutes les aires géoculturelles mondiales, la Méditerranée a une histoire indissociable de celle de l’Europe d’une part, mais aussi du reste du monde, qu’il soit occidental ou oriental, du Nord ou du Sud.

Le bassin méditerranéen est à la charnière du Nord et du Sud, de l’Orient et de l’Occident, à la confluence de trois continents. Il est plus qu’une simple frontière sud de l’Europe.

Stimulée par une volonté d’alliance nouvelle, complémentaire de l’alliance pour l’Europe, l’UPM a pour objet de créer un nouvel espace d’échanges, de progrès, de développement, d’enrichissement culturel et de stabilité politique essentiels pour la sécurité et la prospérité du Nord comme du Sud, fondé sur un héritage commun pluriculturel.

L’Union pour la Méditerranée (UPM) s’inscrit dans une dynamique nouvelle de recherche d’un nouvel équilibre, face à la vague de la mondialisation qui tend à occulter à la fois l’héritage multiculturel commun et les identités culturelles spécifiques qui constituent pourtant un apport positif et une richesse à préserver.

Ces éléments ont contribué à l’édification de notre monde et de ses richesses nés de la diversité et des différences culturelles qu’il faut encore apprendre à apprécier et à respecter, ainsi que de notre capacité à les assimiler pour en rebâtir sans cesse de nouvelles. Héritage multiculturel commun et identités culturelles spécifiques issues des mondes méditerranéens ont encore beaucoup à apporter à l’édification du monde de demain.

Il nous appartient donc de préserver et de valoriser ce legs de la civilisation méditerranéenne héritière des Egyptiens, Assyriens, Hébreux, Phéniciens, Grecs, Romains et Arabes, en tirant le meilleur parti des puissants outils que sont Internet, le numérique, les technologies de l’information et de la communication et les communautés virtuelles d’échange et de partage.

Le projet UPM offre une formidable opportunité pour relever ce défi. Il jette un éclairage nouveau, sur le processus de Barcelone, et relance le débat sur la coopération Nord-Sud et Sud-Sud, qui doit être irriguée par un nouvel imaginaire collectif où la volonté des peuples est aussi importante que celle des décideurs politiques.

En effet, de nombreux projets ont déjà visé à rapprocher les rives nord et sud de la Méditerranée. Ils ont été principalement des initiatives intergouvernementales. Mais leurs acquis ont davantage concerné les institutions que les peuples et les individus.

Force est de constater que ces partenariats ont manqué de visibilité et d’actions mobilisatrices des deux côtés de la Méditerranée. Les résultats obtenus restent modestes et sont peu valorisés, alors que, paradoxalement, les objectifs étaient fort ambitieux, énoncés en termes de promotion de la démocratie et des droits de l’Homme, de paix et de sécurité régionale, de développement durable, d’amélioration des conditions de vie, de réduction du fossé économique et numérique entre les pays du Nord et du Sud, de compréhension mutuelle et d’échanges entre les peuples.

Ce sont bien ces objectifs importants qu’il faut viser et que l’UPM se doit de prendre en compte de manière pragmatique en se fondant sur la volonté de reconnaissance identitaire des populations et non sur l’adoption  d’un modèle de civilisation unique.

C’est ainsi que le projet « Espace Numérique Ouvert Pour la Méditerranée», se propose de construire graduellement un espace numérique largement ouvert à l’ensemble des acteurs (pays, institutions et individus) de l’UPM, capable d’apporter une contribution décisive aux objectifs cités ici.

Les initiateurs du projet et leurs nombreux partenaires ont l’ambition d’amorcer un mouvement de fond ouvert à tous les partenaires qui se reconnaîtront dans cette ambition méditerranéenne.

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